un slogan qui nous met à boute

On nous dira que le slogan de cette année rend hommage à Québécoises Deboutte! Un mouvement et une revue issue du Front de libération des femmes du Québec, et au ras-le-bol de la violence patriarcale. Nous ne nions pas l’importance de cette mémoire. Entendez que, pour nous, ce slogan résonne comme un rappel brutal : à cette époque, les personnes à l’intersection du genre et du handicap n’étaient pas considérées comme faisant partie de la société.
Le Collectif 8 mars écrit : « …à celles qui viendront après : on vous prépare le terrain. » Un terrain qui, pour nous, reste encore miné d’exclusion et de capacitisme.
Génération inclusive et fière !
Comme chaque année, nous attendions le 8 mars avec impatience pour célébrer la Journée internationale des droits des femmes avec nos membres et en solidarité avec nos allié·e·s féministes. Malheureusement, un constat s’est vite imposé lorsque nous avons eu vent du slogan de cette année. Devant une affiche qui nous ramène en arrière et pas de la meilleure manière : nous refusons d’être reléguées à la marge du féminisme que nous contribuons pourtant à porter.
Un peu de contexte pour comprendre notre ras-le-bol !
Dans les années 90 en Amérique du Nord, le mouvement se réclame d’être intersectionnel. Or, les femmes et les personnes de la diversité sexuelle et de genre en situation de handicap continuent d’être effacées du courant dominant des études féministes. En effet, ses analyses, ses revendications, même jusqu’à ses visuels, ignorent encore trop largement les oppressions capacitistes. Nos réalités, nos
luttes, nos voix restent marginalisées, voire invisibilisées, y compris dans le discours ambiant et dans les priorités. Les organismes de femmes et personnes de la diversité sexuelle et de genre en situation de handicap se heurtent encore trop souvent à l’indifférence du mouvement féministe.
Comment peut-on prétendre parler d’intersectionnalité quand les outils mêmes du mouvement nous excluent ? Comment lutter pour le féminisme de demain quand celui d’aujourd’hui continue de nous invisibiliser ? Nous exigeons d’être au centre, pas en périphérie.