
Le 13 mai 1986, cinq femmes en situation de handicap issues de différentes communautés culturelles fondent Action des femmes handicapées (Montréal).
Comme le souligne Masson (2013)1», elles faisaient alors face au sexisme au sein du mouvement des personnes handicapées et au manque de reconnaissance du capacitisme dans le mouvement des femmes.
C’est cette double exclusion qui les a poussées à s’organiser afin de faire reconnaître leurs droits et leurs réalités spécifiques.
Impossible de souligner nos 40 ans sans rendre hommage à Maria Barile, cofondatrice du DisAbled Women’s Network (DAWN/RAFH) et figure centrale de la création d’AFHM. En mettant sur pied un organisme par et pour les femmes en situation de handicap, elle a contribué à briser leur isolement et à poser les bases d’un mouvement porteur d’une critique profonde des structures capacitistes et patriarcales. Sans cet engagement, nous ne célébrerions probablement pas aujourd’hui quatre décennies de luttes.

Depuis sa création, l’organisme a développé une analyse ancrée dans l’expérience vécue, refusant d’être invisibilisées et revendiquant la reconnaissance pleine et entière des droits, de la dignité et de l’autonomie des femmes en situation de handicap. En 2022, le changement de nom pour Action Femmes et handicap (AFH) a marqué une volonté de renouvellement et d’élargissement des luttes à l’échelle du Québec.
Il est essentiel de reconnaître le travail de toutes celles qui, depuis 1986, ont porté ces luttes — militantes, travailleuses, membres et alliées — souvent dans l’ombre et au prix d’un engagement considérable. Malgré la lenteur des avancées, celles-ci sont bien réelles : reconnaissance des violences spécifiques vécues par les femmes en situation de handicap et de la nécessité d’adapter les ressources d’hébergement, développement de services spécialisés, intégration progressive de leurs réalités dans certaines politiques publiques.
Ces gains sont le fruit de décennies de mobilisation et de solidarité. Aujourd’hui, cet anniversaire est à la fois un moment de commémoration et un rappel de la nécessité de poursuivre ces luttes. Quarante ans plus tard, une chose est certaine : il reste beaucoup à faire, mais l’histoire démontre que ces combats ne sont pas menés en vain.
40 ans plus tard, une chose est certaine : s’il reste beaucoup de travail à faire, l’histoire prouve que nous ne luttons pas pour rien !
1. Masson, D. (2013). Femmes et handicap. Recherches féministes, 26(1), 111–129. https://doi.org/10.7202/1016899ar